Les styles du dix-huitième siècle

Le style Louis XV

1---Jean-Honoré-Fragonard---Jeune-fille-délivrant-un-oiseau-de-sa-cage,-La-lectrice,-Les-hasards-heureux-de-l’escarpolette

 

Le style Louis XV est généralement divisé en trois phases chronologiques :

  • Une phase dite de « préparation » avec le style Régence qui s’étend entre 1715 et 1730,
  • Une phase dite « d’épanouissement », qu’on assimile au style Louis XV proprement dit (1730-1750) et qui correspond au style rocaille, rococo
  •  Une phase de « réaction », baptisée style Transition (1750-1774) (Style Pompadour). Réaction progressive qui passe par un assagissement, une épuration des formes rocailles et qui débouche sur le style Louis XVI et le néoclassicisme.

 

 

Le style Régence 1715-1730

La principale évolution du siège Régence concerne l’accotoir. Jusqu’ici placé dans l’alignement des pieds, il est reculé pour permettre aux femmes qui portent désormais des robes à panier d’être assise confortablement.
Le décor sculpté reste symétrique mais adopte les motifs favoris de la Régence : feuillages, volutes, guirlandes, coquilles … On le retrouve généralement sur les traverses de l’assise et du dossier ainsi que sur les pieds du siège Régence. Ces derniers sont galbés et présentent un fort renflement, ils se terminent souvent par un pied de biche ou par des enroulements.

Typiques de la Régence, le choix d’un dossier encadré d’un châssis en bois apparent puis la disparition progressive de l’entretoise.

 2---Fauteuil-Régence---Les-pieds-réunis-par-une-entretoiseFauteuil Régence – Les pieds réunis par une entretoise

 

Charles Cressent (1685-1768), est un maître ébéniste du XVIIIe siècle, principal représentant du style Régence.

 

3---Commode-Régence-en-bronze-doré---Charles-Cressent-–-Paris-1745-1749Commode Régence en bronze doré – Charles Cressent – Paris 1745-1749

 

 

 

Le style Louis XV ou style rocaille (rococo) 1730-1750

Du style Régence est né le style Louis XV connu sous le nom de rocaille ou rococo.
Il diffère essentiellement du baroque par sa légèreté et son horreur de la symétrie.

Opposée à la rigueur classique, le style rocaille triomphe et s’inspire des rythme tortueux des grottes qui depuis deux siècles déjà sont à la mode dans les jardins. Constructions de rochers, de coquillages et de terres émaillées.

 Dans le contexte de cette époque, les esprits changent et cela se marque dans la conception de l’espace qui est soumis à un besoin de confort. On voit apparaître des petits appartements et les pièces plus petites, plus intimes comme des boudoirs, des petits salons, des cabinets qui se multiplient.

Les ornemanistes Nicolas Pineau, Juste-Aurèle Meissonnier mettent à la mode le vocabulaire rocaille. D’abord fondé sur l’asymétrie et des galbes prononcés, le style s’assagit vers 1745 et laisse place à la symétrie. Il met à l’honneur la nature : fleurs, feuilles d’acanthe, coquilles ornent les meubles, en marqueterie ou e n bois naturel, et les sièges.

 4---Boiseries-de-Nicolas-Pineau---Hôtel-de-Varengeville,-vers-1735-Style-rococoBoiseries de Nicolas Pineau – Hôtel de Varengeville, vers 1735 Style rococo

 

 

5---Hôtel-de-Soubise,-salon-de-la-Princesse-(1737-1740)-Style-rococoHôtel de Soubise, salon de la Princesse (1737-1740) Style rococo

 

 

Le style Louis XV Transition 1750-1774 le style Pompadour

Le style Transition correspond à la première partie du style Louis XVI.

Quand le style Louis XV atteint sa maturité autour des années 1750, face aux excès du rococo, certains artisans reviennent à la rigueur et à la symétrie, fortement inspirée du monde gréco-romain. Les découvertes d’Herculanum (1738) et de Pompéi (1748), poussent les élites à se passionner pour les civilisations antiques et contribuent à créer un nouveau style plus épuré.

Le style Louis XV évolue vers un certain assagissement dans les formes et surtout vers une réelle simplification de ses motifs traditionnels.
Libéré de ses premières exagérations et de l’agitation qui le caractérisait, le style Louis XV adopte des courbes plus amples au rythme plus calme.

6---Maître-Jean-François-Oeben-Table-à-écrire-Louis-XV--bronze-doré-monté-de-bois-de-violette,-marqueterie

7---Maître-Jean-François-Oeben-Table-à-écrire-Louis-XV--bronze-doré-monté-de-bois-de-violette,-marqueterieMaître Jean-François Oeben Table à écrire Louis XV  bronze doré monté de bois de violette, marqueterie

 

Certains artisans travaillant dans ce pur style Louis XV, nous ont légué quelques uns des plus parfaits exemples de raffinement qu’a connu le mobilier français au cours de son histoire.

 Le plus connu des ébénistes de cette époque est probablement Oeben, dont l’apprenti n’est autre que le célèbre Riesener, chantre du futur style Louis XVI, peut-être le plus grand artisan de tous les temps. D’autres noms fameux sont Baumhauer, Lacroix, Dubois, Saunier, Leleu et B.V.R.B.

 

8---Jean-Henri-Riesener-et-Jean-François-Oeben---Bureau-du-Roi---secrétaire-cylindre

Jean-Henri Riesener et Jean-François Oeben – Bureau du Roi – secrétaire cylindre

 

 

 

9---Jean-François-Leleu--Bureau-à-cylindre-1767-1770

Jean-François Leleu  Bureau à cylindre 1767-1770

 

 

 

Tissus Louis XV

La majorité des étoffes sont en soie, on retrouve le damas, le lampas, le brocard, les étoffes brochées, le taffetas, la moire et toujours le velours.

 

Architecture Louis XV

On ne voit plus grand mais on construit douillet.

Philippe d’Orléans déplace la Cour de Versailles vers Paris. Ce qui a pour conséquence le ralentissement, voire l’arrêt des grands travaux qui étaient réalisés à Versailles depuis le règne de Louis XIV. A côté des édifices officiels, s’élèvent des constructions particulières, des hôtels, des demeures.

Le plan des hôtels particuliers et des châteaux de plaisance reste quasiment inchangé mais ils sont dessinés de manière beaucoup plus libre, ce qui permet à chaque pièce d’avoir une forme mieux adaptée à sa destination. Cependant son influence sur l’architecture française n’est pas importante.

 

Hôtel de Biron (Paris, 1728)

Aubert

10---Proche-de-l’hôtel-des-Invalides,-aujourd’hui-connu-sous-le-nom-de-musée-Rodin

Proche de l’hôtel des Invalides, aujourd’hui connu sous le nom de musée Rodin, cet hôtel particulier est édifié par l’architecte Jean Aubert dans un style Louis XV sur un terrain de trois hectares de 1727 à 1732 pour le financier Abraham Peyrenc de Moras.

 

 

Madame de Pompadour (1721-1764)

UNE FAVORITE PROTECTRICE DES ARTS

La marquise de Pompadour est née Jeanne-Antoinette Poisson, en 1721. Issue d’une famille de la bourgeoise montante liée au monde des finances, elle bénéficie d’une éducation choisie et raffinée.

 11---Maurice-Quentin-Delatour-(Saint-Quentin,-1704---Saint-Quentin,-1788)

Maurice-Quentin Delatour (Saint-Quentin, 1704 – Saint-Quentin, 1788)
Le portrait de la marquise de Pompadour
Pastel avec rehauts de gouache sur au moins huit feuilles de papier bleu dont un empiècement pour le visage, collées en plein sur une toile tendue sur châssis
Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques
© Erich Lessing

Madame de Pompadour, maîtresse, amie et conseillère de Louis XV, reste auprès de lui jusqu’à sa mort en 1764. Introduite à la Cour par relations, elle est remarquée par le Roi et devient rapidement l’une de ses favorites préférées. A partir des années 1750, elle cesse d’être la maîtresse du Roi mais conserve une grande influence sur celui-ci.  Louis XV fait construire pour elle le Petit Trianon.

12---Salon-de-compagnie---Petit-Trianon--Marquise-de-Pompadour-et-Louis-XV

Salon de compagnie – Petit Trianon- Marquise de Pompadour et Louis XV

 

Elle était un grand mécène des artistes et artisans de l’époque, en faveur des peintres comme François Boucher et les fabricants de meubles, comme Jean-François Oeben.

Elle a également été en grande partie responsable de l’appui du roi de la manufacture de porcelaine de Sèvres, qui existe encore aujourd’hui.

13---Appartement-de-Marquise-de-Pompadour-Château-de-Versailles

Appartement de Marquise de Pompadour Château de Versailles

 

Même si elle est identifiée avec le style rococo, elle était à la cour à un moment de transition stylistique loin du rococo et vers un néoclassicisme plus sobre. Vous pouvez voir la preuve dans certains meubles des années 1760 dont les courbes sont moins exubérantes et des formes plus symétrique.

 

Peinture

Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) Né à Grasse

À l’instar de François Boucher, Fragonard est considéré comme le peintre de la frivolité, du Rococo, bien qu’il ait peint dans de nombreux autres registres : grands paysages inspirés de peintres hollandais, peintures religieuses ou mythologiques, ou scène de bonheur familial notamment.

14---Jean-Honoré-Fragonard---Jeune-fille-délivrant-un-oiseau-de-sa-cage,-La-lectrice,-Les-hasards-heureux-de-l’escarpolette

Jean-Honoré Fragonard – Jeune fille délivrant un oiseau de sa cage, La lectrice, Les hasards heureux de l’escarpolette

 

Mais même ces scènes effectivement frivoles peuvent être lues à un niveau différent, on peut y voir percer, souvent, une inquiétude, un sentiment de fin de fête parfois (et cela rappelle Watteau ou encore le roman Point de lendemain par Vivant Denon), ou encore une menace diffuse : les couples dans l’intimité, les belles qui s’épouillent, les endormies, tout ce petit monde de grâce et de sympathie est observé par un peintre qui nous rappelle que la jeunesse ne dure pas et que les moments de tendresse lascive sont fugaces et rares.

Il a essayé en vain de s’adapter à la nouvelle vogue néoclassique, mais en dépit de l’admiration et le soutien de David, il a été ruiné par la Révolution et mourut dans la pauvreté.

 

Musée Fragonard à Grasse dans les Alpes Maritimes 06 :
http://www.fragonard.com/parfums_grasse/FR/fragonard/grasse/musee_fragonard_costa.cfm